Bandeau
Los de la sierra 1936-1975
Dictionnaire des guerilleros et résistants antifranquistes

Le dictionnaire des guérilleros et résistants antifranquistes, tente de répertorier les hommes et femmes de toutes tendances (anarchistes, communistes, socialistes, sans parti) ayant participé pendant près de quarante ans, (1936-1975) souvent au prix de leurs vies ou de longues années de prison et souvent dans une indifférence générale, à la lutte contre la dictature franquiste. Ce travail a été commencé il y a plus de vingt ans par l’historien libertaire Antonio Tellez Sola (1921-2005) en collaboration avec Rolf Dupuy du [*Centre International de Recherches sur l’Anarchisme*] (CIRA).

FERNANDEZ FERNANDEZ, Manuel « MANOLO » ; “CAUTERIO”
Né à la Corogne le 20 octobre 1904 – mort dans les années 1990 - Infirmier ; agent d’assurances - PSE – ANFD - CNT - La Corogne (Galice) - Madrid (Nouvelle-Castille)
Article mis en ligne le 10 janvier 2008
dernière modification le 24 juillet 2024

par R.D.

Manuel Fernandez Fernandez, infirmier à l’asile municipal de La Corogne était en 1928 le secrétaire du Collège officiel des infirmiers. A la fin des années 1920 il fit de nombreuses conférences et fut à l’origine de l’organisation des infirmiers à Lugo et Orense. En 1930 il était le directeur de El Practicant Gallego, organe de la fédération professionnelle des infirmiers. Membre de la CNT il participait également à cette époque aux contacts avec les Républicains en vue de renverser la dictature de Primo de Rivera.

Dès la proclamation de la République il fut orateur des meetings tenus dans la région. Au sein de la CNT il s’opposa aux thèses de la Fédération anarchiste ibérique (FAI) et en 1934 fut l’un des fondateurs et l’un des principaux responsables en Galice du Parti Syndicaliste d’Angel Pestaña.

En 1936 il était membre du groupe Germinal président du Parti Syndicaliste à La Corogne et directeur de ses organes régionaux La calle et Trabajo. En février 1936 il participa pour le parti syndicaliste à un meeting de soutien au Front populaire.

Lors du coup d’état franquiste, Manuel Fernández Fernández avait participé le 20 juillet 1936 à la défense du siège du gouvernement civil de La Corogne. Après que toute résistance ait cessé à dix-huit heures, il avait été arrêté et conduit à la caserne d’infanterie du régiment de Zamora, puis en prison. Libéré le 23 septembre il fut assigné à résidence à Betanzos. Après avoir été victime d’une tentative d’assassinat par les phalangistes, il resta caché à La Corogne pendant toute la durée de la guerre.

Après la guerre, Manuel Fernandez Fernandez Manolo participait à la réorganisation du mouvement libertaire en Galice et était nommé secrétaire politique du premier comité régional galicien de la CNT. Manuel Fernández partait ensuite pour Madrid où il avait trouvé un emploi de visiteur médical et où il fut nommé secrétaire à l’organisation et aux relations du Comité national de la CNT formé en février 1941, dont le secrétaire était Manuel Amil Barciá et dont faisaient également partie Gregorio Gallego García délégué de la FIJL et Hilario Gil trésorier.

Après la chute en octobre 1943 du Comité national dont le secrétaire était Eusebio Azañedo García, Manuel Fernández fut le délégué de Galice au nouveau CN formé de Manuel Amil Barciá, Gregorio Gallego García vice président, Eduardo de Guzmán, Celedonio Pérez Bernardo, Francisco Bajo Bueno, Aquilino Padilla, Hilario Gil, Cecilio Rodríguez, José Expósiro Leiva, Pedro Ameijeiras Blanco délégué du Levant, et Francisco Royano délégué d’Andalousie. Ce CN fut confirmé lors du plenum national du 13 mars 1944 à Madrid. Manuel Fernandez travaillait alors comme représentant d’une compagnie d’assurances, ce qui lui facilitait la tâche pour assurer les liaisons entre le CN et la Galice.

Après la chute en mars 1945 du Comité national dont le secrétaire était Sigfrido Catalá Tineo, Manuel Fernández Fernández fit partie du Comité provisoire avec Ramón Rufat Llop secrétaire, Antonio Barranco Hanglin et José Piñeiro Zambrano. Á l’été 1945 il était le secrétaire de l’Alliance Nationale des Forces Démocratiques (ANFD). Après la chute en octobre 1945 du Comité National de la CNT dont le secrétaire était Cesar Broto Villegas, Manuel Fernández fut membre en tant que délégué de Galice du nouveau CN dont le secrétaire était Angel Morales Vázquez. En 1946 il était toujours délégué de Galice du nouveau CN dont le secrétaire était Lorenzo Iñigo Granizo, le vice secrétaire Manuel Morell Milla, le secrétaire politique Juan García Durán, le trésorier Antonio Barranco Hanglin et le secrétaire de défense Juan Manuel Molina Mateo Juanel. La totalité des membres de ce CN a été arrêtée les 9 et 10 avril 1946.

Manuel Fernández Fernández était arrêté le 10 avril à Madrid. Suite à l’intervention de Victor de la Serna, il n’était condamné qu’à douze ans de prison. Il fut tour à tour détenu à Alcalá de Henares, Ocaña, San Miguel de los Reyes et à l’hôpital pénitentiaire de Yeserias. Comme prisonnier il participait aux travaux d’édification de la Vallée des morts à à Cuelgamuros. Il a été ensuite interné à Buitrago.

Remis en liberté en 1951, il devenait le sous-directeur d’une importante compagnie d’assurances de Madrid tout en continuant à militer à la CNT mais en refusant d’occuper des postes organisationnels.

En 1965 il participait à l’affaire dite du “cincopuntisme” (accord passé entre d’anciens militants de la CNT et le syndicat vertical CNS).

Manuel Fernandez Fernandez est décédé à Madrid dans les années 1990.

Oeuvre : Il est l’auteur de divers articles sur l’anarchisme et les anarchistes publiés dans la Gran Enciclopedia Gallega.