Bandeau
Los de la sierra 1936-1975
Dictionnaire des guerilleros et résistants antifranquistes

Le dictionnaire des guérilleros et résistants antifranquistes, tente de répertorier les hommes et femmes de toutes tendances (anarchistes, communistes, socialistes, sans parti) ayant participé pendant près de quarante ans, (1936-1975) souvent au prix de leurs vies ou de longues années de prison et souvent dans une indifférence générale, à la lutte contre la dictature franquiste. Ce travail a été commencé il y a plus de vingt ans par l’historien libertaire Antonio Tellez Sola (1921-2005) en collaboration avec Rolf Dupuy du [*Centre International de Recherches sur l’Anarchisme*] (CIRA).

CAROD LERÍN, Saturnino « EL CUCO » ; « EL CUCO CEBOLLERO » ; « SATUR » ; « Jacinto LAHOZ MARÍN »
Né le 21 février 1903 à Moneva (Saragosse) - mort le 7 mars 1988 - Maçon - MLE - CNT - Saragosse - Groupe de Francisco PONZÁN VIDAL - Saragosse (Aragon) & Barcelone (Catalogne)
Article mis en ligne le 2 mai 2007
dernière modification le 24 juillet 2024

par R.D.
Saturnino Carod (front d’Aragon)

Né dans une famille paysanne de Moneva (Saragosse) Saturnino Carod Lerín avait adhèré très jeune au syndicat CNT de la construction de Saragosse ; c’est au syndicat, qu’analphabète, il avait appris àlire. Pendant la dictature de Primo de Rivera, son militantisme l’avait obligé à s’exiler en France. Il revenait en Espagne lors de l’amnistie suivant la proclamation de la République en 1931.

En février 1936 il était membre du Comité régional d’Aragon et avait été chargé d’organiser les paysans de la région : il participait alors à de nombreuses tournées de propagande en particulier dans la zone de Valderrobres (Teruel) avec Florentino Galván. Le 19 juillet 1936, secrétaire à la propagande du CR, il parvenait à s’enfuir de Saragosse, gagnait Tortosa où il formait avec le capitaine Ferrer la colonne confédérale Carod-Ferrer qui participait à la libération de nombreux villages d’Aragon, dont Alcaniz, Caspe, Calanda, Alcorisa, etc.,et mettait en place unréseau pour évacuer des militants bloqués à Saragosse. Lors de la libération du village de Moneva (500 habitants) où la population voulait exécuter le curé Henrique Guallar, il sauva la vie de ce dernier qui était un ami d’enfance. Henrique Guallar reviendra à Moneva quelques semaines plus tard et pendant toute la guerre sera le secrétaire au ravitaillement de la municipalité anarchiste. Sa colonne fusionnait ensuite avec celle d’Antonio Ortiz.
Après la militarisation il avait été nommé commissaire de la 118° Brigade, commandée par Victorio Castan Guillén, puis commissaire de la 25° Division (ex colonne Carod) poste qu’il occupera jusquà la fin de laguerre. Il collaborait à Nuevo Aragon organe du Conseil d’Aragon.

En mai 1937, lors des affrontements à Barcelone avec les staliniens, il s’était dirigé vers la Catalogne à la tête de plusieurs groupes de la 25e Division, avant d’être arrêté par les ordres des dirigeants de la CNT.

A la fin de la guerre il était sur le front de Madrid. Fait prisonnier à Alicante et interné au camp d’Albatera, il s’en évadait vers mai 1939 avec Castan et Sebastián Vicente Esteban. Passé en
France, il était interné juqu’à la fin 1940 et dès sa libération intègrait le groupe de Francisco Ponzán Vidal qui, tout en participant à la Résistance contre l’occupant allemand, continuait la lutte en Espagne. Dès janvier 1941 il effectuait des missions de liaison en Espagne avec le Comiténational de la CNT de Manuel Amil et Celedonio Pérez.

Saturnino Carod (prison)

En juin 1941, il effectuait une nouvelle mission et allait à Valence, Barcelone et Madrid où il était arrêté le 7 août 1941 sans doute suite à l’intervention d’Eliseo Melis Diaz dont il avait été l’un des premiers à suspecter la traitrise. Traduit devant le conseil de guerre qui s’ouvrait à Madrid le 11 octobre 1949 où témoignait en sa faveur le curé Henrique Guallar, qui après guerre avait été “Exilé” à Epila par les franquistes, il échappait à la peine de mort et était condamné à vingt cinq années de détention. Il était interné successivement à Figueres,Barcelone puis San Miguel de Los Reyes, dont il était libéré fin 1960. Il résidait alors à Barcelone. Il était à nouveau arrêté en octobre 1961 et en 1962 à Barcelone.

En juillet 1965 il aurait participé à l’affaire du “cincopuntisme” (accords entre des anciens de la CNT et les syndicats verticaux franquistes).

Saturnino Carod (Barcelone, années 1970)

En février 1976 il participait à l’assemblée confédérale de Sans où était reconstruite la CNT.

Saturnino Carod Lerin est mort à Barcelone le 7 mars 1988.


Dans la même rubrique