Francisco Bejar Toro, né dans une famille de 15 enfants à Ceuta (Maroc) où son père était maréchal ferrant dans l’armée, avait combattu pendant la guerre civile dans le Bataillon Presidencial, puis était passé en France lors de la Retirada avec sa famille. Interné d’abord au camp d’Argelès, il fut ensuite envoyé travailler sur divers chantiers. Pendant l’Occupation il se fixa en Haute Loire où il rencontra son épouse en 1942 et dont il aura un fils en 1944. Il s’engagea à la même époque dans la Résistance française au sein du maquis Wodli dont le commissaire aux opérations était Francisco Rodamilan et où il fut de janvier à avril 1944 l’intendant de cettre unité.
En septembre 1944 il fut envoyé en Espagne pour y renforcer les cadres du Parti communiste. Il resta basé d’abord à Madrid jusqu’au mois de mars 1945 où il fut envoyé à Valence. Suite au démantèlement ce même mois de mars de l’infrastructure du PCE à Valence, un nouveau comité régional fut formé vers le mois de juin dont étaient membres Aquilino Garcia Gutiérez Negro Aquilio (secrétaire général) rapidement remplacé par Marcos (sans doute Jesus Izcaray Cabriano), Francisco Villares Carrasco Luis (secrétaire à l’organosation) et Francisco Bejar Toro Federico (secrétaire à l’agitprop).
C’est autour et avec l’aide de ce comité régional qu’allaient se former les premiers groupes de guérilla urbaine à Valence et qu’allait être initiée la formation de la future Agrupacion Guerrillera de Levante (AGL).
Francisco Béjar Toro Federico a été arrêté fin juillet 1946 lors de vastes rafles où furent démantelées l’infrastructure et l’appareil de propagande du PCE. Après avoir été torturé, il fut condamné à mort en 1946 avant que la peine soit commuée le 6 juillet 1948 en 30 ans de de prison. Il passa près de 20 ans sous les barreaux, notamment au pénitencier de Burgos, où sa femme et son fils profitaient des vacances d’été pour pouvoir le visiter un quart d’heure par jour.
Remis en liberté provisoire en juillet 1964, Francisco Bejar Toro fut aidé par l’un de ses frères qui travaillait à Bezons chez Rhône Poulenc et par la municipalité communiste de Bezons qui l’aida à trouver un emploi d’aide chimiste dans cette entreprise. Il vécut avec sa femme à Bezons de 1966 à 1982. A la retraite, tous deux allèrent en Haute-Loire. En 2004, veuf et malade, il revint à Saint Etienne auprès de sa famille. Francisco Bejar Toro est décédé à Saint Etienne le 11 juin 2005 et a été inhumé à Brioude (Haute-Loire).