Miguel Silvestre Talón El Nano avait commencé à militer très jeune dans les groupes anarchistes de Barcelone. Très sportif il avait été champion de lutte gréco-romaine. Début 1937 il était membre du groupe anarchiste Rodius qui avait demandé son adhésion à la Fédération anarchiste ibérique (FAI). Puis il fut le responsable dans la 119e Brigade Mixte des Jeunesses libertaires.
Passé en France à la fin de la guerre civile il fut interné au camps du Vernet puis fut très vite lié aux groupes d’action opérant en Catalogne et aux réseaux d’évasion de résistants et d’antinazis vers l’Espagne. Dès 1943 il avait participé à la reconstitution de la CNT et de la FIJL en France. En 1944 c’était à son domicile qu’était domicilié le Comité national de la CNT en France dont le secrétaire, Francisco Carreño, avait été nommé au plenum de Muret.
Dès la fin de la seconde guerre mondiale Miguel Silvestre Talón avait intensifié ses contacts à l’intérieur et réalisa de nombreuses missions en Catalogne. C’est lors de l’un de ces voyages qu’il avait contacté l’indicateur Eliseo Melis Diaz infiltré dans le mouvement libertaire, pour tenter de l’utiliser pour faire libérer sa compagne entrée clandestinement en Espagne et qui avait été emprisonnée. Ces contacts ayant été connus par l’exil, il commença à être accusé de s’être compromis avec Eliseo Melis et la police.
En Mars 1946, accompagnant Angel Marin Pastor qui venait de “s’évader” de prison, il revenait à Toulouse avec l’intention d’expliquer ses contacts avec Melis (selon José Borras) ou selon d’autres de dénoncer le mensonge de la « récupération » de l’organisation en Espagne (selon Ramon Alvarez). Quoi qu’il en soit, alors que lors de ses derniers voyages il était le secrétaire de la FAI catalane, et alors qu’il s’apprêtait à regagner l’Espagne, son corps fut repêche dans la nuit du 16 au 17 mars avril, noyé dans un sac, une balle dans la tête et les mains liées, à la surface du canal du midi à Toulouse, sans que l’on sache jamais ce qui s’était passé. En tous cas, il est peu vraisemblable que Miguel Silvestre Talón El Nano, qui jouissait de la confiance des militants anarchistes catalans, ait été un traitre.