ROIG RECASENS, Ramon « El PATACO »

Né à Mont-ral (Tarragone) en 1888 - fusillé le 5 février 1948 - MLE - CNT - Groupe de Ramón ROIG RECASENS "El PATACÓ" - Tarragone (Catalogne)
samedi 27 octobre 2012
par  R.D.
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Ramón Roig Recasens était né à la ferme Mas Patacósituée près de la route qui va de Mont-ral à Alvover (Tarragone). Pendant la guerre civile, il n’avait pas combattu étant d’un âge déjà avancé, mais sous les ordres du Comité des Milices antifascistes, avait fait partie des patrouilles et des gardes de Reus et avait travaillé à la construction de l’aréodrome de la ville. Il avait gagné la sierra à la mi 1938 lorsque les toupes franquistes approchaient de Reus. Ses filles Pepita et Teresa Roig Suñer accusées de le ravitailler et de lui donner des informations, furent condamnées à six mois de prison le 20 décembre 1939.

Début 1940 Ramón Roig Recasens El Pataco formait un groupe de guérilla avec les trois frères David, Juan et Miguel Pamies Odena, membres de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI) et le militant de la CNT et ancien maire de Almoster (Tarragone) José Oriol Tost Pep Pastor. Le groupe qui avait ses bases au col de la Batalla et dans la Sierra de Sant Pere près de l’Aleixar, avait pour zone d’action les districts de Almoster, Castellvell, Alcover, Vila-seca, Reus et Riudoms de la province de Tarragone.

Le 20 juillet 1940, suite à une dénonciation, Pedro Gimeno, brigadier de la Guardia Civil de Selva del Camp, accompagné des gardes Ginés Giménez et Juan Fernández effectuait une reconnaissance dans la zone connue sous le nom de "Partida Fontetes". Dans une clairière, ils découvraient des cabanes et dans l’une d’elles l’un des fils de Ramón Roig, Juan Roig Suñer et sa compagne Inocencia Solé Rovira qui étaient venus ravitailler le groupe. La police trouvait dans les alentours vingt six grenades, un revolver, un fusil tchéque, un fusil à deux canons de calibre 12, une boite de 104 cartouches et un masque à gaz. Juan Roig qui à l’inverse de ses frères, ne participa jamais aux activités de son père, fut laissé en liberté ainsi que son épouse. Carmen Millán Beltrán, épouse du guérillero Miguel Pamies Odena qui avait été également arrétée fut aussi laissée en liberté.

La pression policière étant constante sur la famille, fin 1940 Ramón Roig Suñer, le troisième fils décidait de rejoindre le groupe de son père. Puis en mai 1941, après l’arrestation de José García García El Andaluz, son frère Fernando Roig Suñer de deux ans plus agé que Ramón, décidait à son tour de rejoindre le groupe de son père qui comptait alors une vingtaine d’hommes.

Le 1er juillet 1941 David, Juan et Miguel Pamies Odena et les deux frères Ramón et Fernando Roig Suñer étaient surpris par la Guardia Civil dans un champ de noisetiers du district de Vila-seca. Dans l’affrontement était tué David Pamies et blessé et capturé son frère Juan. Les autres guérilleros parvenaient à s’enfuir vers Riudoms.

Après cet accrochage le groupe de Ramón Roig Recasens décidait de se diviser : Miguel Pamies Odena partait pour la région de Valls (Tarragone) où il sera tué le 23 août 1941 dans un affrontemet avec la Guardia Civil au lieu connu comme la montagne de la Vil-la ; José Oriol Tost Pep Pastor partait pour le district de La Riba où il participera en 1946 à la guérilla de la Masia Puig de Mar ; Ramón Roig avec son fils Ramón gagnaient la zone de La Mussara. L’autre fils, Fernando, sans perdre le contact avec son père, travailla alors comme journalier jusqu’à ce qu’il soit arrété par la Guardia Civil le 8 août 1944 puis condamné à 30 ans de prison.

Ramón Roig Recasens et son fils Ramón Roig Suñer abandonnaient ensuite leur base de La Mussara pour descendre dans la plaine, au sud du col de la Batalla, dans le triangle compris entre Vilaplana, l’Aleixar et Almoster. C’est là qu’ils allaient entrer en contact avec José Martí Menéndez Capitán Pipes, un ingénieur de cinquante et un ans, ancien capitaine de l’armée républicaine et qui allait devenir le responsable du groupe.

Fin 1945 , après l’échec de l’invasion du Val d’Aran et l’augmentation de groupes venant de France, toute la région était parcourue par de nombreuses forces de l’armée, de la Guardia Civil et des Somaten et les jours du groupe étaient désormais comptés.

Le 24 janvier 1946, Ramón Roig Recasens, Ramón Roig Suñer et José Martí Menéndez se trouvaient près de Les Borges del Camp à la recherche de vivres et d’abris. Près du village le groupe s’emparait de quelques animaux et avant de partir mettait le feu à une hutte pour se réchauffer du très grand froid qu’il faisait. Ce feu fut apperçu et la Guardia Civil prévenue. Les gardes Francisco Carnicer Franques et Benito Cerón Vicente accompagnés par le garde municipal Félix Catalá Borrás et le garde champètre José Andreu Ciuret qui faisaient tous deux partie du Somaten, attaquaient le groupe de guérilleros. Ramón Roig Recasens était blessé au bras mais comme ses compagnons parvenait à s’enfuir. Après avoir pedu beaucoup de sang Ramón Roig parvenait difficillement jusqu’à l’Aleixar où il tapait à la première porte trouvée. Un médecin était appelé mais également la Guardia Civil qui le torturait et lui faisait révéler la cachette de ses compagnons. Le 26 janvier le brigadier en chef du poste de La Selva del Camp, Emilio Escobar Márquez, accompagné de neuf gardes encerclait le Mas del Llamp et se servant de Ramón Roig comme bouclier, obligeait les guérilleros à se rendre.

Tous furent transférés à Vilaplana où après avoir été torturés, certains furent exécutés (selon la "loi de fuite") et enterrés dans le carré non sanctifié par l’église du cimetière de Vilaplana.

Lors du conseil de guerre qui se tint le 21 octobre 1947 Ramón Roig Recasens El Patacó fut condamné à mort, son fils Ramón Roig Suñer à 30 ans de détention et les autres accusés à des peines de deux ans à six mois. Ramón Roig Recasens a été fusillé le 5 février 1948 à 6h30 à Tarragone au lieu dit Montagne de la Oliva et enterré à la fosse commune.

L’un de ses fils (Fernando ou Ramón ?), sera libéré après douze années d’emprisonnement et refera sa vie à Alcover (Tarragone).


Sources : C. Llaurado Bros "El Pataco...", op. cit. // A. Martorell "Republica, revolucio i exil : memorias d’un libertari reunsenc" (Reus, 1993) // F. Aguado Sanchez "El maquis...", op. cit.//


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