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MELICH GUTIERREZ, Enrique [Henri] « Robert SANS »
Né le 5 (ou 25) novembre 1925) à Esplugat de Llobregat (Barcelone) - Libraire – FIJL - MLE – FA - CNT – Catalogne – Aude – Toulouse (Haute Garonne) – Perpignan (Pyrénées Orientales)
Article mis en ligne le 9 décembre 2011
Dernière modification le 21 janvier 2015

par R.D.

Après une enfance passée à La Torrasa et Sant Juan Despi, Enrique Melich Gutiérrez, fils du militant libertaire Enrique Melich Rodes, était passé en France avec sa famille lors de la retirada de février 1939.

Henri Melich (Maquis Jean Robert)

Pendant l’Occupation il fut envoyé comme bûcheron dans les bois de la vallée de l’Aude où, à partir de 1943, avec le socialiste Pedro Pérez et Miguel Gonzalez il collaborait à un réseau d’évasion et d’évacuation vers l’Andorre de résistants et d’israélites. En 1944, sous le nom de Robert Sans il s’intégrait au maquis FTP Jean Robert qui avait comme zone d’action le triangle Montfort-Salvezines-Lapradelle et paricipait aux ioérations de sabotage (viaduc d’Axat, pont de Saint-Paul-de-Fenouilèdes, déraillement d’un train allemand à Quillan) et aux combats pour la Libération de l’Aude. Puis il participait à l’automne 1944 aux opérations de pénétration en Espagne dans le cadre de Reconquista de España. Avec un groupe de 25 guérilleros commandés par le capitaine Labela, il pénétrait dans la zone de Ripoll (Gérone). Après avoir été rapidement accroché par la Guardia Civil et subi des pertes, le groupe avait regagné la France où Melich apprenait rapidement l’exécution de plusieurs de ses anciens compagnons (Ramon Mialet, Pedro Perez, Miguel Gonzalez) par les communistes dans la région de Quillan (Aude). A la mi novembre 1944, il fut convoqué par des responsables de l’UNE à Quillan, interrogé sur la nature de ses relations avec le cénétiste Ramon Mialet qui lui fut alors présenté comme un traître, et fut sans doute sauvé d’une exécution pour être porteur d’un ordre de mission du Bataillon Myriel des FFI et d’une carte de FFI qui attestait de sa nationalité française. Avec le Bataillon Myriel, intégré au 81ème Régiment d’infanterie alpine, il était ensuite envoyé combattre en Alsace puis faisait la campagne d’Allemagne.

Démobilisé en 1945 il trouva un emploi comme ouvrier en chaussure à Quillan. Puis jusqu’à la fin des années 1940, il effectuait pour le mouvemeent libertaire divers passages entre l’Espagne et la France, amenant de la propagande clandestine ou ramenant des compagnons recherchés.

En 1950 il s’installait à Toulouse où il allait travailler dans une librairie et militer à la Fédération anarchiste française (FA) aux Jeunesses libertaires en exil (FIJL) dont à la fin 1960 il fut nommé au Comité national comme secrétaire à la culture et propagande. Il collabora également en 1956-57 à l’organe de la FIJL Nueva Senda (Toulouse,1953-1963). En ce début des années 1960 il collabora activement aux actions conspiratives antifranquistes organisées par la FIJL et l’organisme Défense intérieure (DI). Puis entré en désaccord avec l’immobilisme des responsables du MLE-CNT, il adhéra à la tendance regroupée autour du journal Frente Libertario.

Devenu représentant dans le sud des éditions Ruedo Iberico, il fonda en 1974 une librairie espagnole à Perpignan, qui en juillet 1976 fut l’objet d’un attentat de l’extrème droite ou des services franquistes. Parallèlement il continuait d’aide au passage des clandestins espagnols. En 1975 il participait à l’édition du bulletin clandestin Accion Anarcosindicalista (Barcelone, 6 numéros, 1975-1976) qui était composé en Espagne, imprimé à Perpignan puis réintroduit en Espagne, à la réorganisation de la CNT et à l’édition de plusieurs textes anarchistes aux éditions Picaza.
Dans les années 1980 il était toujours militant du groupe Puig Antich de la FA.

Henri Melich est également l’auteur d’un témoignage sur sa participation à Reconquista de España en 1944 et les exécutions commises par les communistes dans « Les Dossiers noirs d’une certaine résistance »(Ed. CES, Perpignan).

Œuvre : - A chacun son exil : itinéraire d’un militant libertaire espagnol (Ed. Acratie, 2014).