MASSANA BANCELLS, Marcelino « PANCHO » ; « El FADRI »

Né à à Berga (Barcelone) le 3 octobre 1918 - mort le 12 février 1981 - ouvrier mécanicien - MLE – CNT – Groupe de Marcelino MASSANA BANCELLS "PANCHO" – Barcelone (Catalogne) - Ariège, Haute Garonne, Deux Sèvres & Clamart (France)
jeudi 24 novembre 2011
par  R.D.
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Marcelino Massana Bancells

Orphelin dès l’âge de cinq ans, Marcelino Massana Bancells avait passé sa première enfance à Llinas et dès l’âge de sept ans avait suivi une scolarité au collège religieux de Solsona tout en passant ses vacances à Berga sous la tutelle d’un de ses oncles curé. Après avoir abandonné le collège à treize ans, il commença à travailler comme apprenti dans un atelier de mécanique. En 1934 il était mécanicien textile et l’année suivante adhérait à la CNT.

Dès le début du soulèvement franquiste Marcelino Massana Bancells s’était intégré au Comité des milices de Berga puis, comme milicien, à la colonne Tierra y Libertad qui le 7 septembre 1936 partait de Manresa pour le front de Madrid. Il avait ensuite regagné rapidement la Catalogne où il s’était intégré dans la Colonne Hilario Zamora qui lors de la militarisation fera partie de la 25è Division. Marcelino Massana, membre de la 118è Brigade et ayant le grade de lieutenant à partir d’avril 1938 participa aux combats sur le front d’Aragon et Catalogne jusqu’à la fin de la guere civile.

A la fin de la guerre Marcelino Massana était fait prisonnier à Alicante et interné au camp d’Albatera puis à la prison de Porta Coeli, Valence, où il restait trois mois avant d’être transféré à la prison de Manresa. Au printemps 1941 il était transféré à la Modelo de Barcelone où quelques mois plus tard il était condamné à quinze ans de prison par un tribunal militaire. Fin 1941 il était transféré à Madrid pour construire la prison de Carabanchel. Il bénéficiait à la fin de l’année d’une libération conditionnelle et rentrait à Barcelone où il travaillait comme mécanicien. En août 1943, convoqué pour le service militaire, il s’insoumettait. Il allait alors à Berga où il travaillait comme ouvrier agricole et s’initiait comme contrebandier à tous les passages entre l’Espagne, l’Andorre et la France.

En novembre 1944 il s’exilait en France, à Tarrascon, où il allait alterner son travail de manoeuvre avec des voyages de contrebande et ainsi apprendre les passages de l’autre versant des Pyrénées.

En août 1945 il réalisait sa première opération de guérilla en Espagne avec Antonio Torres Gachas et cinq autres membres de la CNT. Le MLE lui avait fourni six mitraillettes et deux pistolets.

La zone d’action de Massana allait essentiellement se trouver dans le triangle formé par la ville de Manresa et les municalités de Rocafort, au sud-est et de Sant Vicenç de Castellet au sud ouest de la capitale de la comarcale du Bages, Manresa.

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Marcelino Massana (fiche de police)

Le 16 novembre 1949 son oncle, Miguel Guitó Gramunt et le frère de ce dernier, Jaime, étaient assassinés par la Guardia Civil de Berga, comme l’avaient été le 14 novembre les militants anarchistes de Sallent Juan Villella, José Puertas et José Bartobillo. Tous avaient été arrétés à Sallent le 11 novembre, suspectés de collaboration avec Marcelino Massana.
A partir de cette date et jusqu’en 1950 Marcelino Massana Bancells Pancho n’allait plus cesser ses actions d’incursions et de sabotage dans la région et de servir de guide entre la France et l’Espagne à de très nombreux compagnons. Il collaborait également à cette époque et sous le pseudonyme de El Fadri à la presse libertaire de l’exil.

A la fin de l’été 1950 le groupe de Massana était intercepté par les douanes françaises à Couflens (Ariège) et n’échappait à l’arrestation que sous la menace de leurs armes. Identifié Massana faisait alors l’objet d’un avis de recherche. Peu après il se rendait volontairement aux autorités françaises pour être jugé. Accusé de contrebande d’armes il était condamné par le tribunal de Girons, Ariège, à une amende de 50 000 francs et un mois de prison pour "passage clandestin de frontière". Le 6 février 1951 il était arrété à son domicile de Toulouse par la DST, le gouvernement franquiste ayant demandé son extradition. L’extradition fut refusée mais Massana fut assigné à résidence dans un petit village des Deux-Sèvres puis à Leucamp (Cantal). En août 1956, l’assignation à résidence était annulée par le Ministère de l’intérieur et Massana s’installait alors à Clamart. Il travailla alors comme mécanicien et jardinier en région parisienne. Tombé malade, ill s’éloigna alors de tout activisme et ne se réintégra pas au début des années 1960 aux luttes menées par la FIJL. Il s’insatalla ensuite en Ariège.

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M. Massana (Toulouse)

En août 1978, pour la première fois depuis la guerre civile Massana rentrait en Espagne avec un passeport en bonne et due forme, et avec son vieux compagnon de guérilla Jaime Puig Costa Tallaventres parcourait toute la comarcale de Berga qui avait été le théâtre de ses combats de guérillero. Il était alors membre du syndicat CNT de la métallurgie de Barcelone.

Marcelino Massana Bancells Pancho, qui avait depuis 1948 pour compagne Maria Calvo Grané (1921-2002), veuve du guérillero libertaire Antonio Gil Oliver (tué en 1948), est mort au Mas Le Teillet en Ariège le 12 février 1981


Sources : J. M. Reguant "Marcelino Massana...", op. cit. // A. Tellez "Sabaté...", op. cit. // CNT,Toulouse, n°266, 14 mai 1950 (article signé El Fadri // F. Aguado Sanchez "El Maquis...", op. cit. // M. Iñiguez "Enciclopedia...", op. cit. // F. Sanchez Agusti "Maquis a Catalunya...", op. cit.//S. Serrano "Maquis...", op. cit. // J. Clara "Ramon Vila Capdevila el darrer maqui...", op. cit. // Solidaridad Obrera, Paris, 24 février, 2 , 10 & 17 mars 1951//


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