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CATALA BALANYA (ou BALANA), Juan
Né à Llavorsi (Lérida) le 21 février 1913 - mort le 14 octobre 2012 - Menuisier - MLE - CNT - Groupe de Francisco PONZÁN VIDAL - Aragon & Catalogne
Article mis en ligne le 31 mai 2007
dernière modification le 12 septembre 2014

par R.D.
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Juan Catala Balanya

Dès les premiers jours de la guerre civile Juan Catalá Balanya (ou Balaña) avait combattu dans les rangs de la Colonne Durruti. Il participait également au groupe guérillero Libertador organisé par Francisco Ponzán Vidal et chargé de pénétrer en territoire ennemi pour évacuer les militants bloqués dans Sarragosse. Après la perte de l’Aragon, il était intégré à la 143° Brigade de la 24° Division où sur le front de Catalogne il prenait part à toutes les opérations de sabotages et coups de main derrière les lignes franquistes.

Passé en France le 10 février 1939 avec les autres membres du groupe Libertador, il était interné à Bourg Madame puis au camp du Vernet. Il renonçait à partir pour le Mexique pour rester aux cotés de Francisco Ponzán et poursuivre la résistance. Dès le 18 mai 1939 avec Pascual López Laguarta Sixto et Francisco Vidal Berdie, il franchissait les portes du camp du Vernet comme s’il allait travailler et ne revenait pas. Deux jours plus tard, après avoir récupéré des armes cachées dans une ferme de Bourg-Madame, les trois hommes passaient en Andorre où ils établissaient les bases pour les passages des premiers groupes de militants envoyés en Espagne. Il n’allait plus cesser dès lors de participer aux multiples activités du réseau organisé par Francisco Ponzán Vidal.

Début mars 1940 après une entrevue avec Ponzán il acceptait de travailler avec les services de renseignement alliés et de participer à la lutte contre les activités des allemands en Espagne. Fin mars il partait en mission pour Cadix, via Barcelone où il laissait plusieurs compagnons chargés d’établir les premiers points d’appui en Aragon à Huesca et Saragosse et établir les contacts avec la CNT. Ce sont ces premiers groupes qui allaient diffuser en Espagne en mai et juin un manifeste intitulé A todos los españoles appelant à la neutralité de l’Espagne et signé d’une Alianza Democratica Española (ADE). La diffusion de ce manifeste considéré par le gouvernement franquiste comme un acte de trahison, coutera la vie de plusieurs militants libertaires, en particulier à Valence où seront condamnés à mort et exécutés le 19 novembre 1941 les jeunes Angel Tarin Haro, Enrique Goig Lostado et Enrique Escobar Vaello.

En mai 1940 Juan Catalá Balanya effectuait une nouvelle mission en Espagne ; après être passé par Logroño, La Corogne, Vigo et Barcelone où partout il laissait des exemplaires du manifeste, il arrivait à Cadix le 5 juin où un de ses contacts, qu’il suspectait de trahison, lui remettait les plans et les photographies des fortifications de la province. Il était arrêté le jour même à la gare, transféré à Madrid à la prison de El Cisne et interné à la galerie des condamnés à mort. Le 25 novembre 1940 avec un autre prisonnier et la complicité d’autres compagnons, il parvenait à s’évader puis à gagner la région de Saragosse et à passer en Andorre. Il repartait immédiatement pour l’Espagne avec Vicente Mallent, un compagnon valencien qui connaissait l’existence d’une cachette d’argent et d’or derrière le Tibidabo à Barcelone. Vicente Moriones Belzunegui et Agustin Remiro Manero, qui devaient se rendre à Saragosse, franchissaient la frontière en même temps qu’eux. Après quelques jours passés à Barcelone, Juan Catalá et Mallent étaient amenés par l’agent double Eliséo Melis Diaz à la soi-disant cachette où ils ne trouveront rien sinon des caisses vides et détruites.

Arrété début 1941 à la gare de Francia à Barcelone où il venait d’arriver avec deux anglais qu’il devait accompagner au consulat britannique, Juan Catala Balanya était transféré au siège de la police. Quelques jours plus tard lors d’un interrogatoire au cabinet du juge, après s’être fait enlever les menottes, il bousculait les gardes qui l’accompagnaient et parvenait à s’échapper. Quelques jours plus tard il regagnait Andorre. Lors d’une nouvelle mission à Barcelone en août 1941 où il rencontrait de nouveau Eliseo Melis, il était à nouveau arrêté. Au siège de la police le commissaire Eduardo Quintela lui proposait de travailler pour lui, ce que Catalá refusat. Il fut interné à la prison Modelo. Le 23 décembre 1942 avec deux autres prisonniers il s’évadait mais se blessait en sautant un mur ; il parvenait à gagner une maison de Sants où à demi paralysé il était arrêté quelques jours plus tard et interné à la 5° galerie de la Modelo. Après avoir récupéré de ses blessures, il était transféré à Lérida mais parvenait à se faire remettre en liberté.

Il était à nouveau arrété le 25 juin 1944 à la Seu d’Urgell et condamné à une lurde peine de prison. En mars 1947 il s’évadait de la prison de Carrabanchel et le 1er avril passait en France où il était détenu "pour passage clandestin de la frontière". Il était libéré de la prison de Toulouse suite à l’intervention de Robert Terres, ancien des services secrets de la France Libre qui avait étroitement collaboré avec le groupe de Francisco Ponzán dans le cadre du réseau Pat O’Leary chargé de l’évacuation de résistants ou d’aviateurs alliés pendant la guerre. Juan Catalá, comme guide, en avait passé plusieurs dizaines en Espagne.

Atteint de violentes coliques néphrétiques, l’empêchant de travailler, Juan Catala participait en janvier 1951 au hold-up du fourgon postal de Lyon, organisé par les groupes d’action et au cours duquel avaient été tués deux personnes. Malgré un témoignage en sa faveur de Robert Terres pour son action dans la résistance, Juan Catala Balanya était condamné à vingt années de détention. Libéré vers 1965 de la prison de Fresnes, il partait pour Nîmes (Gard) où il obtenait un passeport Nansen, puis s’installait à Andorre, ouis ultérieuremnt à Seu d’Urgell.

Juan Catala Balaña, à qui un hommage avait été rendu en avril 2011 par le mouvement libertaire, est décédé le 14 octobre 2012.

P.S. :

Sources : R. Terres "Double jeu pour la France", Grasset, 1977// A. Tellez "La red de evasion...", op. cit. //M. Iñiguez "Esbozo...", op. cit. // CNT, n°394, novembre 2012//

Iconogr. : A. Tellez.


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