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BRAGADO RUIZ, Dalmacio
Né dans la province de Zamora en 1893 - mort le 4 avril 1986 - Ouvrier ; marin - MLE - CNT – Bilbao (Euskadi) - Vigo-Pontevedra (Galice)
Article mis en ligne le 26 février 2007
dernière modification le 3 août 2016

par R.D.
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Après son service militaire en Afrique où suite à une affection occulaire il avait été longtemps hospitalisé, temps dont il avait profité pour apprendre à lire, Dalmacio Bragado Ruiz revenait dans son village, se mariait puis émigrait pour travailler à Bilbao où il entrait en contact avec la CNT. Il partageait alors son temps entre divers petits boulots et la distribution de brochures et journaux anarchistes. Cette distribution se faisait à l’époque en groupe et armés et il était souvent accompagné par un compagnon surnommé Txomin . En 1921 il travaillait à la Compagnie Hidroelectrica española et collaborait parfois au journal La Tierra de Bilbao. Plusieurs fois emprisonné, il avait été ensuite condamné à une déportation qui, à pied et encordé avec d’autres, l’avait amené de village en village jusqu’à Valdepeñas.

De retour à Bilbao après sa libération, et vu la difficulté à retrouver du travail, il décidait de partir pour la Galice. C’est en 1923 que Dalmacio Bragado Ruiz était arrivé à Vigo où il allait définitivement s’établir et réaliser un grand travail de diffusion des idées libertaires et de la CNT avec entre autres militants José Villaverde Velo et Manuel Montes. La CNT était jusques là minoritaire à Vigo face à une UGT dominante, et ne maintenait qu’un syndicat des métiers divers avec un local situé rue Pi y Margal.

Dalmacio Bragado commençait à travailler à l’entreprise Acumuladores Tudor et très vite se trouvait face à une grève des maçons et apprentis lancée par l’UGT. Des grèvistes de San Pedro de Sadorna, confrontés à des jaunes, demandaient conseil à Bragado qui leur conseillaient le sabotage et leur enseignaient comment fabriquer de la poudre. Après que certains aient lancé des bombes et aient été arrêtés, son nom apparaitra dans les procès - notamment suite à un attentat contre la Maison du peuple de Vigo lors d’une grève de la construction - et il sera emprisonné de juin à décembre 1923 . A sa libération il travaillait à la construction du tramway Vigo-Ramallosa où très vite il organisait une assemblée pour protester contre les mauvaises conditions de travail et pour des augmentations de salaire ce qui lui vaudra d’être licencié et convoqué à la caserne de la Guardia Civil.

Revenu à Vigo il habitait alors avec sa femme tuberculeuse dans un coin du local syndical et allait effectuer dès lors un énorme travail d’organisation dans toute la Galice en particulier avec le journal Despertad dirigé par José Vilaverde Velo. Devenu valet de chambre sur les transatlantiques de la Compagnie Nelson, il en profitait pour à établir des contacts avec de nombreux compagnons en Amérique latine dont entre autres Diego Abad de Santillan et Furnerakis.

Á la fin de la dictature de Miguel Primo de Rivera, la CNT de Vigo avait organisé en 1928 le Syndicat des Charbonniers de bateaux auquel s’était joints celui des valets de chambre maritimes (80 adhérents en septembre 1931, puis 200). En 1929 Bragado rédigeait le règlement de La Agrupacion de Sociedades obreras adheridas a la CNT et il participait à l’organisation du syndicat CNT du transport maritime (Sindicato de la Industria Pesquera SIP), un syndicat particulièrement puissant présidé par Manuel Montes secrétaire de la Fédération Nationale de l’Industrie de Pêche et Vicente Lorenzo Vales.

Vers septembre 1930 il fut emprisonné un mois à Pontevedra pour avoir rédigé un Appel de Grève à Vigo suite à la mort d’un ouvrier à Santiago lors de la visite du ministre Calvo Sotelo.

Il participait au congrès de Madrid en 1931 comme délégué du syndicat des métiers divers de Vigo et cette même année était le fondateur de la section syndicale des patrons de canots et bateliers du port de Vigo. Jusqu’à la guerre civile il allait participer à de nombreux conflits sociaux en particulier à l’été 1932 lors du lockout de La Maritima où les patrons laisseront sans travail plus de cinq cents marins. Cette lutte sera relatée dans la brochure "Derivaciones y consequencias del locaut pesquero de Vigo", éditée au profit des prisonniers par les Jeunesses Libertaires de Vigo en 1933. Au cours de cette grève il y eut de nombreux affrontements et même un attentat contre le patron Valentin Paz Andrade pour lequel Vicente Lorenzo Vales et Emilio Costas Fernandez, accusés d’être les auteurs des tirs, seront jugés mais acquittés.

En 1933 il fut membre des premiers Comités de défense de la CNT autour desquels se forma la Fédération anarchiste ibérique en Galice.

Dalmacio Bragado fut ensuite le délégué national du SIP -devenu hégémonique face à l’UGT - de la zone nord qui comprenait tous les ports situés entre Vigo et Pasajes. Il collaborait également aux activités des syndicats CNT de la Fédération de l’industrie ferroviaire (FNIF) dans des taches organisationnelles et en accompagnant des dirigeants nationaux dans diverses villes. Pendant la construction de la ligne de chemin de fer Orense-Zamora, il avait effectué une tournée de propagande avec les brochures envoyées par Hermoso Plaja Saló.

En 1936 il était le responsable à la gestion des conflits au sein de l’Alliance ouvrière maritime de Vigo.

Début juillet 1936 il était à Madrid et rentrait le 16 à Vigo où toute l’organisation était déjà mobilisée. Le 18 avec des représentants de la FIJL et de la FAI il faisait partie de la délégation de la CNT qui tentait en vain d’obtenir des armes auprès du maire Emilio Martínez Garrido. Il tentait en vain d’occuper le siège de la radio avec le militant José Paz Pena. Après une résistance des Jeunesses Libertaires et de la FAI à El Calvario et Lavadores, les insurgés l’emportaient et Dalmacio Bragado parvenait à se cacher avant d’être arrêté suite à une dénonciation à Castrelo (Pontevedra). Il échappait de peu à une exécution suite à l’intervention d’un capitaine (Rubio) qui avait exigé qu’il soit jugé. Traduit devant un conseil de guerre, et suite à des malentendus et à un concours de circonstance, il échappait à la peine de mort.

Dès sa libération il participait en 1942 au Comité CNt de Vigo et en 1945 fut délégué au plenum clandestin de la régionale galicienne.
Connu et fiché par la police, il participa ensuite dans la mesure de ses moyens à la clandestinité en Galice en particulier aux cotés de Victor Francisco Cáceres Sagra dans les années 1950 et ne perdra jamais le contact avec l’organisation. Parallèlement il entretenait une correspondance avec de nombreux compagnons de l’exil, dont Abad de Santillan Campio Carpio et le groupe Tierra y Libertad de Mexico.

Une cécité progressive l’obligea alors à ralentir ses activités ce qui ne l’empêcha pas d’être arrêté à plusieurs reprises.

En juillet 1960 il fut arrêté avec notamment Victor Francisco Caceres et Leopoldo Garcia Ortega et resta emprisonné deux mois pour « organisation, propagande et relation avec l’exil ».

Dalmacio Bragado Ruiz, qui utilisa entre autres les pseudonymes Fiat , Lux, Gog , a collaboré a de nombreux journaux libertaires dont Despertad ! (Vigo), Solidaridad Obrera (Barcelone, Bilbao, La Corogne), CNT (de Galice) , CNT Maritima, Mar y Tierra (Vigo, 1933), CNT (Madrid), La Tierra (Bilbao (1921), Tierra y liberatd (Barcelone) et a été le correspondant de Tierra Y Libertad ainsi qu’à la presse de l’exil avec une rubrique intitulée Caracolas, en particulier dans CNT (Toulouse) et Tierra Y Libertad (Mexico).

Dalmacio Bragado Ruiz, qui après la mort de Franco avait maintenu le contact avec la nouvelle génération militante, est mort le 4 avril 1986 et malgré ses dernières volontés sa famille l’enterrera religieusement à Puxeiros (Pontevedra).

Oeuvre : - Catecismo marinero ; - Derivaciones y consequencias de loaut pesquero de Vigo (Ed. Juventud libertaria, Vigo, 1933).

P.S. :

Sources : M. Iñiguez "Enciclopedia...", op. cit. // Espoir, Toulouse , 19 septembre 1976 //Terra de Ninguén, Vigo, n°3 & 4 (articles de Anton Briallos)// E. Fernandez & D. Pereira "O anarquismo na Galiza...", op. cit. //


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