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BORRAS CLIMENT, José « EL CINCTORRA » ; « JUSEPETA »
Né à Cinctorres (Castellon) le 3 avril 1917 - mort en 1997 - Groupe de José Borrás Climent « Cinctorrá » & AGL, 23° secteur - Castellon & Valence (Levant) - France
Article mis en ligne le 24 février 2007
dernière modification le 22 juillet 2013

par R.D.
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José Borras Climent (1961)

José Borrás Climent Cinctorrá s’était réfugié en France à la fin de la guerre civile. Retourné en Espagne en 1943 il restait trois années caché chez lui et dans diverses fermes puis en 1945 gagnait les Sierras de Encanade et de Montenegrete, où il formait un groupe avec des points d’appui à Fredes (Castellon de la Plana), près du barrage de Ulldecona (Tarragone), aux limites des provinces de Tarragone et Teruel. Son groupe appelé Ojos Azules comprenait José Llinares Beltrán Valencia ancien membre de la 135° Brigade, Victorino Prades Pitarch Oronal, Alisete et Antonio Querol Amor Cedacero ancien berger et parfait connaisseur du terrain.

Le 27 juillet 1945 le groupe effectuait une attaque à Fredes. Le 30 août ils attaquaient les bureaux des mines de Guadalupe à Castell de Cabres (Castellón), où ils s’emparaient de 6000 pesetas. Le groupe était bientôt renforcé par l’arrivée de Julian Valeriano Garcia El Conill De Cinctorres, Francesc Salvador Sebastia Conill De Arés et Francisco Martín Alonso El Asturias ancien capitaine du maquis en France et qui avait formé d’abord un groupe avec Francisco Jurado Cojonudo. Le 11 septembre, sous la direction de Cojonudo, une attaque réalisée sur le district de Arés del Maestre (Castellón), leur rapportait 5000 pesetas. Le 2 novembre ils exécutaient José Ciñal Balaguer, conseiller de Chiva de Morella (Castellón). Le 25 du même mois ils ouvraient le feu sur un camion sur la route Vinaroz-Alcañiz, blessant un des occupants. Localisés par la Guardia Civil, deux guérilleros étaient tués.
Le 23 avril 1946 le groupe attaquait une ferme de Morella (Castellón), où se trouvait une patrouille de la Guardia Civil : deux guérilleros étaient tués et un garde blessé.

Dans la Sierra de Javalambre était actif à la même époque le groupe de Juan Ramón Delicado González Delicado et après une réunion avec José Borrás Climent, tous deux décidaient de fusionner leurs forces sous le commandement de Delicado qui avait été commandant dans le maquis français. Un autre groupe venant de France et appelé Los Chavales, qui opérait dans les montagnes de Mosquerela, choisissait aussi de fusionner avec les forces de Delicado qui contrôlait alors une cinquantaine de guérilleros, lui permettant de planifier des actions de plus grande envergure.

En avril 1946 afin de coordonner les divers groupes, étaient organisées diverses réunions dont une une avec les responsables de groupes à Molino del Marqués, district de Aras de Alpuente (Valence), et plus tard à la grotte de Regajo, en pleine Sierra de Javalambre à laquelle participèrent : Juan Ramón Delicado, Francisco Corredor Serrano, Florián García Velasco, José Borrás Climent, Francisco Martín Alonso Asturias, Basilio Serrano Valero, Pedro Merchán Vergara, Jesús Caellas Aymerich, Ventura Alvarez Lombarederos Ventura, Francisco Martinez Lara et d’autres. Les réunions étaient présidées par Vicente Galarza et Angel Fuertes Vidosa. Vicente Galarza Santana Andrés, ancien commandant de la 88° Division (Toulouse) et de l’Agrupación Guerrillera en Francia pendant la résistance, avait été envoyé en Espagne pour prendre le commandement de ce qui allait être l’Agrupación Guerrillera de Levante (AGL). L’Agrupación comprenait alors trois secteurs (ou brigades), un Etat-major et une école de formation. Des statuts provisoires étaient également rédigés, mais ne seront officialisés et publiés que le 15 septembre 1947.

A l’automne 1947 Francisco Bas Aguado Pedro, arrivé de France avec une équipe de confiance, prenait le commandement de l’AGL. Il organisait le 23° secteur (ou 13° Brigade) séparé du 17° secteur et dont il confiait le commandement à Jesús Caellas Aymerich. L’AGL prenait alors le nom d’Agrupación Guerrillera de Levante y Aragón (AGLA). José Borrás Climent Cinctorrá et Andrés Petrel Rodríguez Dedé étaient nommés responsables respectivement des 2è et 3è bataillons du 23° secteur. La ligne de partage entre les 17° et 23° secteurs était jalonée par Belchite, Cantavieja, Vistabella del Maestrazgo, Adzaneta jusqu’à Sagunto. Son rayon d’action à l’extrème est, était limité par Fayón, Gandesa, Tortosa et San Carlos de la Rápita.

Le 6 novembre 1947 un groupe de quinze guerilleros du 3° Bataillon, qui opérait entre Alcañiz et Valjunquera, coupait la route de Valjunquera à Fresneda (Teruel) avec des troncs et des pierres à Las Ventas de Valdealgoria, à deux kilomètres de Valjunquera, et interceptait l’autocar de la ligne de Tortosa. Les guérilleros exécutaient Vicente Valencia Tarazaga, commandant du poste de La Fresneda, qui tentait de résister et s’emparaient de son pistolet et de son uniforme. Deux camions venant de Tronchón étaient aussi interceptés et les trois véhicules incendiés. A la suite de cette action, quatre groupes des détachements proches des forces de répression se mettaient en chasse sur le district de Cinctorres (Teruel), et tuaient six guérilleros du 23° secteur. Lors d’un de ces affrontements, le garde Román García Gayol sera grièvement blessé et décédera peu après.
Le 7 novembre, anniversaire de la défense de Madrid pendant la guerre civile, plusieurs charges explosives détruisaient des postes télégraphiques à Alcalá de Chisvert et un drapeau républicain où figure l’inscrition "AGLA-23° secteur, 2° Bataillon" était laissé sur place. Le 15 décembre, un enlèvement sur le district de Morella rapportait 25.000 pesetas et le 18, les guérilleros occupaient les faubourgs de Palenques où ils s’emparaient de chevaux chargés de vivres et de vêtements. Le 19 décembre, suite aux battues déclenchées après l’attaque de l’autocar de Tortosa, un groupe de guérilleros était localisé sur le district d’Alcañiz et après un intense combat, deux d’entre eux étaient tués.
Le 28 décembre 1947, déguisés en cheminots, des guérilleros se présentaient à la gare de Valdeltormo (Teruel), vers 8h du soir. Après avoir immobilisé le chef de gare et les voyageurs qui attendaient l’autorail Saragosse-Tortosa, et détruit téléphone et télégraphe, ils interceptaient l’autorail, désarmaient les membres de la Guardia Civil qui le surveillaient, faisaient descendre tous les voyageurs puis sauter l’autorail avec une bombe avant de se replier vers les montagnes de Valjunquera.

En 1948, lors de la préparation de l’offensive de printemps de la guérilla, Jesús Caellas Aymerich, bien que son secteur se limitait au Maestrazgo et au Bas Aragon, décidait de l’étendre jusqu’à la côte. Il envoyait alors Deseado et d’autres jusqu’à Torreblanca où ils allaient réaliser diverses actions et tenter d’établir des points d’appui, la majeure partie de ceux de la zone de Morella ayant été découverts. Informé de leur présence, le commandant de la Guardia Civil José Hernández De Los Ríos, chef du secteur interprovincial de Morella, prenait la tête des opérations. Une vingtaine d’arrestations de supposés agents de liaison ou contacts de la guérilla étaient effectuées et dans la nuit du 21 avril, le groupe était localisé à la ferme Oliver sur le district de Torreblanca. Le premier à être capturé était Nacido qui se trouvait chez sa fiancée près de Torreblanca et c’est cette dernière qui allait conduire la Guardia Civil à la ferme Oliver située à 7 kilomètres de Torreblanca, aux limites du district de Alcalá de Chisvert. Accompagné de deux policiers et de cinq gardes, le commandant José Hernández De Los Ríos encerclait la ferme et disposait ses hommes de façon à en dominer sa partie postérieure et ses flancs à une dizaine de mètres ; les deux agents se postaient à une centaine de métres de l’entrée principale. Le commandant Hernández obligeait ensuite la fiancée du Nacido à appeler les guérilleros à se rendre. Plusieurs d’entre eux tentaient alors de rompre l’encerclement : l’un d’eux se battait au corps à corps avec le commandant, un segond guérillero lançait une grenade qui les tuait avant d’être tué à son tour par les gardes. Un troisième homme blessé en tentant de fuir était tué par un garde dans l’enclos pour les animaux où il s’était caché. Dans l’attaque de la ferme avaient été tués outre le commandant Hernández, les guérilleros Deseado, Francisco Morancho Mora Morancho, Manuel Sánchez Lamas Manuel et Alberto.

Le 4 mai 1948 la Guardia Civil de La Cañada de Verich localisait deux guérilleros dans une ferme. Après avoir subi un assaut à la grenade, les deux hommes qui avaient participé à l’attaque de l’autorail à la gare de Valdeltormo se rendaient. Ces arrestations permettaient de localiser le campement principal du 23° secteur situé dans la partie la plus forestière du district de La Cenia (Tarragone), et dont l’accès n’était possible que par Fredes. Une compagnie de la Guardia Civil dirigée par le chef du secteur de Morella, à six heures du matin le 24 mai 1948, attaquait le campement qui se révèlait vide. Seul un dépôt de munitions comprenant 500 kilogs de dynamite, trois fusils, des munitions et des grenades était découvert. Les diverses huttes construites en troncs de pin et qui avaient chacune une capacité de quinze hommes, étaient entièrement détruites. Le 26 mai des guérilleros en provenance de la province de Teruel étaient localisés à la ferme Guimeráns, sur le district de Portell de Morella (Castellón). Accompagné de quinze gardes le commandant du secteur de Morella donnait l’assaut à la ferme vers midi. Après une heure et demie de combat et après que trois guérilleros aient été tués en tentant de rompre l’encerclement, le dernier guérillero, Manuel Torres Camallonga Rodolfo acceptait de se rendre. Les guérilleros tués étaient Angel Fuertes Vidosa Antonio responsable du 17° secteur, Manuel Ortiz Gómez Andrés et José Nieto Martin Nieto. La police récupèrait quatre mitraillettes, des pistolets et plus de mille cartouches. La capture de Manuel Torres permettait la découverte deux jours plus tard, sur le district de Vallibona, d’un campement parfaitement dissimulé dans un ravin du mont Turmell et formé de cinq petites huttes de 60 cm de hauteur. La police y retrouvait deux fusils, des munitions, des vêtements et dans une petite grotte des documents, de la propagande et des explosifs. Le 10 juin un nouveau campement appelé "Carbón" était découvert sur le district de Vallibona où étaient retrouvés une machine à multicopier, deux fusils, des uniformes militaires, un drapeau républicain et les tampons officiels de la mairie de Cati (Castellón), qui avait été occupée le 25 mai 1947 par des forces du 2° Bataillon du 23° secteur.

Le 20 août, sur le district de La Ginebrosa, dans la ferme d’un agent de liaison, était tué un guérillero qui avait participé à l’attaque de l’autorail. Le 22 septembre un nouveau campement était détruit à La Canals, district de Morella. Deux guérilleros et deux femmes étaient capturés à Vallibona et la police saisissait trois fusils, des grenades et des munitions. Le 19 octobre 1948, à la ferme Font de la Mola, était découvert un dépôt d’armes contenant 1500 cartouches, six fusils et quatre baionnettes. La police procèdait à neuf arrestations qui permettaient le développement de nouvelles actions répressives. Le lieutenant de la Guardia Civil de Villafranca del Cid découvrait sur le district de Culla un nouveau dépot d’armes contenant une mitrailleuse, divers fusils, 6000 cartouches, douze grenades et quatre kilogs de dynamite. A la ferme Clara, district de Cinctorres, un guérillero agent de liaison entre José Borrás et Victorino Prades Pitarch Oronal était découvert par la police et tué. Le 18 décembre un guérillero du 11° secteur de Florián García Velasco était capturé par la Guardia Civil de Castellón.

En avril 1948 José Borrás Climent Cinctorrá aurait déserté de l’AGL. Il parvenait à sortir d’Espagne et à passer en France où il allait se marier en novembre 1961 et travailler dans le bâtiment comme chef de chantier. Il résidait alors en région parisienne à Sèvres (Hauts-de-Seine). Puis il résida dans l’Aude. Après son divorce en 1974 il se serait embarqué ensuite pour l’Amérique.

José Borras Climent est mort en 1997.

P.S. :

Sources : F. Aguado sanchez "El maquis...", op. cit. // T. Cossias "La lucha...", op. cit. // F. Sanchez Agusti "Maquis a Catalunya...", op. cit. (dit qu’il est passé en France en 1952) // S. Serrano "Maquis...", op. cit. // J. Sanchez Cervello "Maquis...", op. cit. // S. F. Cava "Los Guerrilleros...", op. cit.// Précisions apportées par sa nièce (juin 2010)


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